14 septembre 2005

Opinion: Fuite des extraterrestres trop terriens.

Matthieu-lextraterrestre se demandait il y a quelques temps sur son blog ce qu’il allait faire après sa thèse de physique. Pas de post-doc pour lui, mais alors quoi ? Le plus intéressant dans son récit, c’est qu’il reflète la vision de nombreux thésards.

Pour une génération « sans débouchés », la meilleure solution a longtemps été de rester à l’école, de viser au plus haut – la filière sciences si on le pouvait au lycée, puis le DEUG pour beaucoup (y compris ceux qui n’avaient pas trouvé leur place en médecine ou en école d’ingénieur, ou encore ceux qui voulaient continuer après le BTS, …), puis la licence et la maîtrise parce qu’il n’y a pas de débouchés avec moins.

C’est souvent à ce moment que les premières passions pour la recherche, mais aussi les premiers doutes, naissent. Mais pour ceux qui aiment la recherche, pas de doute, il faut faire un DEA puis, si on est bien classé, une thèse.

Mais voila, lorsqu’on sort son nez de la thèse 4 ans plus tard, avec quelques années de maturité et d’expérience en plus, on réalise qu’il n’y a toujours pas de place pour nous sur le marché du travail français, à moins de retourner à l’école.

Tout au long de ce cursus, certains on fait le grand saut vers le marché du travail, mais beaucoup ont voulu tenter le tout pour le tout : après tout, en post-doc, on n’est qu’à quelques années du poste de chercheur, et avec lui, la promesse de ne jamais avoir à rechercher du travail.

Et voila… les cerveaux fuient.

Parce que les opportunités ne sont pas suffisantes en cours de route, parce que la promesse d’un poste au CNRS pèse lourd dans la balance, parce qu’on ne sait pas ce qui existe d’autre.

Et pour quelques uns, parce que c’est une sacré opportunité de faire ce qu’on aime en vivant à l’étranger (j’avoue en faire partie).